Changement de vie.

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Changement de vie.

Message  Remus Lupin le Sam 28 Juil - 20:26

Été 1965, Remus étant alors âgé de six ans.

Il fait noir et j’ai peur. Mais pas beaucoup. Papa dit que je n’ai pas à avoir peur de toute façon. C’est la première fois que je vais faire du camping avec lui dans les bois. « Une semaine entre hommes », comme il dit. Je ne sais pas trop où on est. Quelque part à Londres, logiquement. Je suis tout de même un peu triste que maman ne soit pas là. Surtout que les forêts, je n’aime pas beaucoup ça. Dans les histoires, il y a toujours des ours et des loups dans la forêt. J’espère qu’il n’y en a pas ici, ou que, du moins, ils ne viendront pas nous embêter.

Ça fait précisément trois jours que l’on est partis. Ce soir, on mange des marshmallows. Je m’assis sur une buche, devant le feu, et attend que papa revienne avec les guimauves. Je l’entends fouiller dans son sac. J’espère qu’il ne les a pas oubliées, ce serait dommage.

J’entends un bruit, mais il ne provient pas de la tente. J’aurais juré avoir aperçu un buisson bouger. Un frisson parcoure mon corps en entier. Je n’ai pas à avoir peur, ce doit être le vent. Papa finit par arriver, un sourire affiché sur son visage, tenant glorieusement un sac dans ses mains.

« Je les ai enfin trouvé! Il s’exclame en venant s’asseoir à côté de moi.
- Papa..?
- Oui, Rem?
- J’ai entendu du bruit.
- Ce n’est rien voyons. »

Je murmure un léger « okay » avant d’embrocher un marshmallow sur une branche, et m’empresse de le faire griller, ayant hâte de le dévorer. Je jette tout de même quelques coups d’œil vers le buisson qui m’a semblé bouger tout à l’heure, mais papa le remarque et dit que je n’ai pas à m’en faire. Au fond, c’est peut-être juste un suisse ou un écureuil.

Un autre bruit, semblable au dernier, se fait entendre, mais plus loin cette fois. J’agrippe le bras de papa : maintenant, j’ai vraiment peur. Papa se lève et étire le cou pour voir s’il y a quelqu’un. Je suis presque certain d’avoir vu une silhouette au loin. J’échappe un cri d’horreur en voyant un homme massif sortir de l’obscurité. Il a des cheveux et des favoris gris en broussaille, l’air sale, l’air sauvage en fait. On le croirait sortit d’un film d’épouvante. Il sourit, laissant ainsi voir des dents très sales et très pointues, inhumaines quoi.

« Tiens, tiens, tiens. Si ce n'est pas un Moldu et son gamin!
- Fichez le camp, Greyback! » S’écrie papa d’une voix tremblante.

Je ne connais pas l’homme à l’aspect louche, et je ne sais pas du tout comment cela papa le connaît. Je tremble de tous mes os et j’ai atrocement peur. Les yeux du monsieur sont jaunes et on les distingue facilement dans l’obscurité, comme deux lucioles.

« Mais c’est qu’il est mignon, votre fils, mon cher! Ricane l’homme simiesque.
- Dégagez, espèce de monstre! Continue papa, une branche à la main, la voix plus tremblante que jamais. Espèce de créature infâme! »

Le dénommé Greyback donne un coup à papa de sa main immense et recouverte de poils, le faisant tomber à la renverse. L’homme a un regard de fou.

« Papa! »

Je cours vers lui, les larmes aux yeux. Il gémit de douleur, mais il est encore en vie. L’homme – dont j’ai vraiment l’impression qu’il n’est pas humain – me saisit avec force par le poignet. Je sens mes jambes fléchirent, j’ai peine à tenir debout et je pousse un cri de terreur, voyant le visage effrayant de l’homme si près du bien. Son large sourire de dents pointues me fait froid dans le dos. Je vois papa se relever avec difficulté, et il donne un coup de bâton à mon assaillant. Pourtant, celui-ci ne semble mais pas souffrir. Il me pousse, je tombes à la renverse et me cogne la tête. Assommé, j’ai de la misère à garder les yeux ouverts. J’entends papa hurler et l’homme se mettre à rire d’un rire glacial. Terrifié, je me relève, court vers la « bête » et, sans réfléchir, je lui donne le plus de coups que possible. Les yeux embués par les larmes, je vois à peine ce qui se passe. Tout ce que je sais, c’est que j’ai atrocement mal à une côte et je tombe par terre, me pliant de douleur.

Lorsque j’ouvre les yeux, combattant la douleur, je vois le fameux Greyback partir au loin en courant comme une bête. Je me relève pour voir papa allonger sur le sol. Il ne bouge plus. Je cours à sa rencontre et me laisse tomber par terre.

« Papa? Papa, répond-moi, dit quelque chose! Papa? PAPA! »

J’ai mal. Pas seulement à la douleur que je ressens à la côte depuis quelques instants. Les larmes coulent à flot sur mes joues. Papa ne bouge plus, ne respire plus. Je sais quelque chose que je ne veux pas savoir. Le sang coule sur mon chandail. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne sais pas si l’homme m’a donné un coup, m’a mordu, ou je ne sais quoi. Mais j’ai tellement mal.

Je me relève, horrifié et paniqué. Qu’est-ce que je fais maintenant? Il faut réveiller papa, il faut retourner à la maison. Mais où sommes-nous?

« À l’aide! Je m’époumone. À l’aide, s’il vous plaît, aidez-moi! Pitié, aidez moi! Je vous en prie! »

Je continue à hurler ainsi quelques minutes, puis je m’effondre sur le sol, en pleur. Mes yeux se ferment peu à peu, la douleur se propage en moi comme du venin. Je finis par sombrer dans l’inconscience, sur le sol froid, à côté de mon père.

[…]


Je me réveille en sursaut, et en sueur. Je sens encore les larmes sur mes joues, je sens encore l’horrible douleur au niveau de ma côte, près de mon ventre.

« Nom de Merlin, pauvre enfant! »

Il y a un homme devant moi. Il est petit, âgé, porte une robe de sorcier comme maman ainsi qu’un chapeau melon.

« Papa! Papa! Je hurle, paniqué. Papa… »

Mon père est là, à côté de moi, toujours immobile sur le sol. Deux hommes et une femme sont à côté de lui et l’examine. Je tente de me lever mais l’homme m’en empêche, posant doucement sa main sur mon épaule pour m’inciter à rester assis.

« Lâchez-moi! Je crie de plus belle. Lâchez-moi! »

Je me plie de douleur, ressentant davantage cette souffrance au niveau de ma blessure. Je pleure encore et encore, ne comprenant rien du tout à ce qui se passe. L’homme devant moi se présente d’une voix qui se veut réconfortante. Il me dit qu’il travaille au Ministère de la Magie, qu’ils vont me soigner, me ramener chez moi et que je reverrai bientôt maman.

« Et… et papa? »

L’homme baisse les yeux, l’air triste. Les larmes coulent à flot sur mes joues. »

[…]


Quelques heures plus tard, je suis sur un lit d’hôpital. On m’a mit un pansement, on a tenté de me nourrir mais je n’ai rien avalé. La douleur persiste et continue de m’envahir. Maman est venue, elle est en train de discuter avec un docteur, en larmes. J’ai de la difficulté à entendre ce qu’ils disent, et je ne comprends pas trop ce dont ils parlent.

« Fenrir Greyback, madame. On a signalé au Ministère la présence de ce dernier, ils se sont donc dépêchés de se pointer. Malheureusement, nous n’avons rien pu faire pour votre mari. »

Maman étouffe un cri de douleur dans son mouchoir.

« Et… Et Remus…? Demande-t-elle d’une voix brisée.
- Rien à faire, madame. Il a été mordu. »

Il jette un regard vers moi et constate que les écoutes. Il amène maman à l’extérieur. Pourquoi cela semble-t-il si grave que j’aie été mordu?

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